Ah oui Jean, j'avais garde un tract pour toi... et puis, il a disparu. Mais j'ai une photo de l'affiche. Tout ca pour dire qu'ici aussi on la pense globale... la revolution. Le tract disait en gros que la solution ne peut etre que globale si l'on recherche les causes premieres. Vraiment, ce tract, on aurait cru une de nos discussions sur un coin de table du cote de chez Brigitte. Petit clin d'oeil, donc.
On a bien fait d'en profiter car allait commencer la pire nuit de tout le voyage pour Manuel. Explications : Arica se trouve au bord de mer, a 0 m d'altitude. Nous savions que 6 heures apres notre depart d'Arica, nous serions a 3700 m a La Paz. Deja pas facile a assumer physiologiquement. Ce qu'on avait totalement zappe en revanche, c'est que sur le trajet, on monterait jusqu'a 4600 m ! Pire, que les 4600 m seraient a la frontiere, frontiere a laquelle on patienterait 5 heures ! Manuel a failli s'evanouir, les maux de tete etaient violents, il pelait dans le bus ! Et lorsque je suis alle chercher un mate de coca (infusion contre le mal d'altitude) au seul marchand ambulant poste a la frontiere, il vient de vendre son dernier verre !
La Paz, on est agreablement surpris ! D'abord, l'arrivee des hauteurs et la vue plongeante sur la ville sont superbes. Et puis, la ville est plus belle qu'on l'imaginait, avec des tresors de maisons coloniales a restaurer !
Coucou Anne-So et Antoine ! Des notre arrivee, nous avons fait l'experience du No, no hay. D'ailleurs, nous avons trouve l'expression dans le Routard. C'est dire combien c'est une institution ! De quoi s'agit-il ? Mise en situation : vous allez dans un restaurant asiatique et vous demandez des sushis (tiens, cet exemple, il est tout frais de ce soir). Reponse ? No. no hay (non il n'y en a pas) ! (p'tet que chez le Libanais.. non plus ?). Mise en situation numero 2. Vous allez chez le pharmacien demander un cachet pour la tete. Reponse ? No, no hay ! (p'tet que chez le boucher...). Bon, on rigole, mais ca reste pas trop frequent quand meme. Ils sont charmants les Boliviens, juste un peu timides.
On a oui-dire que Morales, le president bolivien debarque a Paris cette semaine. Ce qui est sur, c'est qu'il va peut etre filer un conseil a l'autre rigolo qui preside la France sur le pouvoir d'achat : venez habiter en Bolivie ! Si vous etes flambeur/euse, c'est pas un bon plan la Bolivie. Vous risquez d'etre frustre/ee. Tenez, on mange populaire et tres bien pour 8 bols, 80 cts d'euros. Ce genre d'assiette. Pour un peu plus cher, on peut se regaler (ah la truite de Titicaca !)
C'est quand meme la-bas que Manuel a adopte un comportement etrange. Il s'est mis a sympathiser avec la nourriture. Regardez vous-meme !
La Bolivie, c'est sans doute le plus beau pays que nous ayons traverse. Seul hic : les bus, leurs pots d'echappement a l'avant et sur les cotes (hmmmm!), leurs gentils chauffeurs inconscients et leurs suspensions... inexistentes ! A la longue, ca use un peu... Surtout que les ponts et chaussees, c'est pas la specialite du pays... tenez, la, la courroie de distribution vient de lacher !
Le sud de la Bolivie offre des paysages desertiques et grandioses. Nous avons fait une expedition de 3 jours autour d'Uyuni. De quoi voir le salar, cette gigantesque etendue de sel, plus grande que la Corse.
On vous renvoie aux site de photos (flickr) pour toutes les photos du desert et des lagunes. C'est splendide !
... c'est qu'apres c'etait spa (y a pas ca a Sochaux encore ?). Des eaux naturelles a 38 degres, presque 50 degres d'amplitude thermique par rapport a la temperature ambiante. Quel bonheur ! Ne nous cherchez pas sur la photo, par pudeur, nous avons decide de vous montrer les autres...
Apres ce petit tour on est revenus a La Paz. On y est reste un peu. le temps d'une mesaventure de premiere. On l'a racontee sur le site des enfants. On allait a un match de catch (imaginez un peule genre, du catch bolivien !). Et on passe les details, mais on s'est pris 15 minutes d'insultes racistes et xenophobes. Resultat, nous sommes alles a la police. Un vrai sketch des Inconnus. Manuel etait tres remonte. Il a donc decide d'aller en parler au gros quotidien du pays. On arrive a Sucre, on chope l'edition du matin : l'article fait un quart de page dans le journal ! Il est incroyable ce Manuel ! Avis a tous les amis de Manuel : il a change, beaucoup change ! Vous risquez de ne pas le reconnaitre tout de suite. Je ne sais pas d'ou il a chope ca dans le voyage, mais il a acquis une de ces forces de conviction. Il ne la lache plus. Convaincre le journal, convaincre l'epiciere, le marchand de fruit, l'agence de voyage... il ne s'arrete plus !
Ah oui, petite vue, juste au dessus, de notre hotel a Sucre, pour ceux qui s'imaginent que la Bolivie, c'est forcement des endroits un peu pourris... Nous, on n'a pas vu plus beaux hotels qu'en Bolivie pour le moment !
Du cote de Sucre, nous sommes partis en expedition tous les deux dans la Cordillera de los Frailes. Un endroit tres beau, montagneux, verdoyant en cette saison et surtout retire. On y trouve pas mal de chemins incas.
Bon, Anne-So et Antoine, on attend votre homologation mais il semblerait que nous ayons pulverise le record. Cette petite maison rien que pour nous, avec cuisine et salle de bain privee, tout nickel chrome pour 10 bols par personne, soit 1 euro !
Repartir de cette cordillere n'est pas une mince affaire. Disons que le mix est assez detonnant : camion a betail charge d'un taureau, d'une bonne tonne de sacs de patates, de 65 personnes environ; route etroite en terre, defoncee, avec des crevasses; un ravin (denivele de 1000m). Ah la TROUIIIIIIIILLLE !
Et ce qui devait arriver arriva, le camion s'est renverse, ouf, du bon cote. Tout le monde est descendu pour redresser la bete (on parle du camion, le taureau, lui, bousait et pissait tranquillement de trouille)...
Ensuite, retour a Potosi, ou nous n'avions pas pu visiter la mine d'argent, la fois derniere. Cette mine est tres connue. Figurez-vous que c'est elle qui a alimente l'empire espagnol en argent pendant la periode coloniale. Colossales les quantites extraites ici. Ce qui a change : il y a de moins en moins d'argent, alors on mise de plus en plus sur le plomb ou le zinc. Ce qui n'a pas change : les conditions de travail. Ici on pousse des chariots de 150 kg dans la boue au fin fond de la montagne, on meure en moyenne a 45 ans. En guise de cadeaux pour les mineurs,on a apporte un peu de dynamite (original comme cadeau, pensez-y pour les prochaines fetes, ca fait toujours plaisir un baton de dynamite, surtout si vous habitez en face du 55 fg st honore...)
Manuel s'est essaye a la condition de mineur... 2 minutes.
Voila les amis. Nous sommes de retour a La Paz. Nous passons au Perou le 8 !
On vous embrasse !
Manu et Paco
1 commentaire:
BONJOUR VOUS DEUX!
LE SUPER VOYAGE CONTINU...
APRES LE PERE, JE DEMANDE LA MERE...
J'AIMERAIS, FRANCOIS, QUE TU M'ENVOIES UN PETIT MESSAGE DES QUE TU APPERCOIS TA MERE. LOL... MAMIE SERAIT CONTENTE D'AVOIR DES NOUVELLES ET ..MOI AUSSI.
GROS BISOUS A TOUS ET PROFITEZ UN MAXIMUM..
FRANCOISE
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